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> Histoire du Musée des beaux-arts

 

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Des années difficiles

 

L'histoire du musée de Gaillac commence par le don d'œuvres de Firmin Salabert à sa ville natale en 1891. Quatre ans plus tard, le legs du même peintre enrichissait le patrimoine de la ville de plus de trois cents œuvres de cet artiste (dessins, portraits, paysages à l'huile ou au pastel). Aucun musée n'existait alors pour abriter cette collection qui fut stockée au musée d'Histoire naturelle.

En 1897, en mourant, Léopold de COMBETTES lègue à la ville sa collection artistique contre une rente à sa gouvernante, mais après expertise des faïences, dessins, et objets d'art, le conseil refuse.

La même année, le vicomte de PUYSÉGUR, propriétaire du parc et du château de Foucaud, fait une offre de vente à la ville pour l'ensemble du domaine. Les transactions traînent mais très tôt la ville a l'intention d'y installer un musée.

En 1898, le maire de Gaillac, Rolland, écrit au sous-préfet, lui signalant officiellement qu'il a été décidé par le conseil municipal de la création d'un musée alors que l'achat du château de Foucaud n'est pas encore signé. La ville écrit au ministre des Beaux-Arts et demande un envoi d'œuvres d'art qui répond que le ministère est prêt à envoyer un lot de gravures. En septembre 1898, le ministre demande des détails sur le musée, mais la ville répond qu'elle n'a pas encore de local.
En 1914, Arthur BEL est nommé conservateur par arrêté municipal. Une enquête fait apparaître que le musée ne contient aucune œuvre appartenant à l'État.

 

 

1925-1934 : la création du musée

 

A l'automne 1925, et après autorisation du ministre, les salles de classe du château du Parc sont évacuées dans le but d'y installer le musée qui "sera d'un très heureux effet d'éducation artistique pour nos concitoyens". Le maire avait même pensé transférer au château les collections du musée d'histoire naturelle, mais la volonté du testateur s'y opposa ainsi que les héritiers contactés à ce sujet.

Selon les avis du maire, ce musée doit être un musée d'histoire locale, où l'on pourrait voir les "portraits des enfants de Gaillac", les archives communales et la bibliothèque municipale. Le musée doit être installé au rez-de-chaussée dans les salles de classe des filles ainsi que la bibliothèque municipale et celle des amis de l'école laïque. Le conseil prie le gouvernement de doter le musée par des dons gratuits d'œuvres d'art.
Il semblerait que la chose ne se soit pas réalisée tout de suite car il fallut attendre 1934 pour qu'un mouvement autour de Jean Calvet  fasse avancer les choses. En 1934, Jean CALVET, maire de Gaillac, crée la société des Amis du musée du Parc qui comprenait trois sections : beaux -arts, histoire locale et histoire du vignoble gaillacois. Celle-ci se propose d'aider dans la mesure de ses ressources à l'établissement et à l'enrichissement dans les salons du parc de la ville (château de Foucaud) d'un musée d'histoire, d'art et de souvenirs locaux et régionaux. On y fera des conférences, sollicitant des dons, acquérant des archives, achetant des œuvres (dessins de Liozu...).
Concurremment en juin 1934, le conseil municipal prend une délibération pour la création d'un "musée du Parc de Gaillac". Le 1er juillet, "un musée d'art, d'histoire et de souvenirs locaux et régionaux " est fondé par la ville dans le salon du parc communal, il sera dénommé "musée du Parc de Gaillac".

Il ouvre ses portes le 11 novembre 1934 et on y inaugure les salles Dom Vayssette et d'histoire locale. La ville décide que "son aménagement et sa conservation sont assurés par la société des Amis du musée du Parc". Le Conseil général alloue une subvention et Jean CALVET, pour enrichir le fonds, fait appel à des artistes qu'il connaît : GAYRAL, P. ADAM, PELISSIÉ, M. HUBERT, FAURE...

Le 31 juillet 1938, une grande exposition où l'on présente des INGRES, des TOULOUSE LAUTREC, des LAFAGE etc., inaugure les nouvelles salles aménagées au 1er étage pour les artistes et l’histoire locale. Le 25 septembre on inaugure le musée compagnonnique au 1er étage.
La société, très active, comprend 327 adhérents.

 

 

Les années de guerre

 

En 1939, la ville loue le musée à la banque "Société Générale" pour ses services des coupons, repliée de Paris. On déménage les collections au musée d'histoire naturelle et on les réinstalle au départ de la banque en juin 1942.

Monsieur FAURE était conservateur depuis janvier 1939. Le 4 juillet 1942, le public est informé que le musée du Parc, qui était fermé depuis le début de la guerre, est en partie réinstallé dans les salles du château, et sera ouvert à partir du dimanche 5 juillet, les jeudis et dimanches de 14h à 18h. Le maire demande à M. FAURE de procéder à la réinstallation qui est d'autant plus urgente que : "le maréchal PETAIN viendra sous peu de jours dans la région, dans le cas où nous aurions grand plaisir à l'avoir à Gaillac, c'est vraisemblablement au parc d'Huteau que nous le recevrions".
Le 29 juillet 1944, le maire informe le conservateur qu'un hôpital allemand doit occuper le musée et lui demande donc que tous les tableaux et objets divers soient transportés au musée Philadelphe Thomas qui sera alors fermé au public aussi.

À la fin de la guerre, après le départ des Allemands, le musée sera occupé par les troupes des FFI (Forces françaises de l'intérieur).

Autant d'événements qui mirent à mal les locaux pendant 4 ans. Dès la fin de la guerre cependant, la ville se préoccupa de leur restauration. Sous la direction de M. FAURE la restauration avança lentement. En 1949, les collections ne sont toujours pas réinstallées, elles sont en caisses et en 1953, le musée Philadelphe Thomas est encore encombré par les collections du musée du Parc.

La direction des musées de France s'inquiète de cette situation et envisage même le transfert des collections dans un autre musée si rien n'est fait. Elle nomme Robert MESURET, conservateur à Toulouse, comme inspecteur, pour envisager avec la ville la solution d'une réinstallation ; il fait faire des devis et des plans pour un premier réaménagement. Sa venue régulière fait avancer les choses et sa demande, appuyée par une lettre de Georges SALLES, permet de faire rendre à M. FAURE les cartons d'œuvres de SALABERT qu'il conservait chez lui comme à M. RIOLS, les caisses d'objets ethnographiques qu'il avait mises à l'abri, à son domicile, pendant la guerre.

En 1957, Georges Henri RIVIÈRES, conservateur du musée national des Arts et Traditions populaires demande à Monsieur Louis SAUDINOS, qui avait travaillé à créer le musée de Luchon, et qui habitait Gaillac, d'entreprendre une collecte d'objets ethnographiques dans le Gaillacois, à partir des collections rassemblées par M. RIOLS et contenant déjà 110 objets.

En 1958, M. SICARD accepte de donner sa collection ethnographique pour laquelle on aménagea une réserve au premier étage du musée.

Le 21 août 1960, les premières salles réaménagées sont ouvertes au public et inaugurées par le préfet du Tarn et le maire, M. H. YRISSOU. Deux ans plus tard on inaugure de nouvelles salles d'histoire locale. Gaston POULAIN dans un bel article des " Lettres Françaises" salue la renaissance de ce musée qui n'a que quelques semaines et qui a été réorganisé par MM. CAPOU et Jean CALVET. La même année la société des Amis du musée du Parc se reconstitue autour des sections beaux-arts, histoire locale et musée folklorique. Suivant la décision du conseil municipal du 5 septembre 1960, il a été décidé que le musée du Parc serait administré par une commission de 14 membres, 7 conseillers et 7 membres des Amis des musées. Il fut également décidé que le musée du Folklore serait installé à l'hôtel Pierre de Brens.

A l'initiative des Peintres du Gaillacois, un salon régional de peinture est organisé au musée en 1959. Il continue ses activités encore aujourd'hui.

A partir de 1970, sous l'égide de Madame LAFLAQUIÈRE, conservateur, sont préparées à Gaillac les Journées du millénaire de la ville, avec expositions, conférences, etc. qui se dérouleront en 1972.

Cette année là, la ville fait l'acquisition de l'hôtel Pierre de Brens où l'on transfère les collections ethnographiques du musée du Parc. L'exposition sera inaugurée en 1972 par Georges Henri RIVIÈRES.

En 1988, la ville crée un Service du patrimoine et nomme un conservateur des musées. De 1990 à 1994, un programme de rénovation du musée permettra la restauration de l'entier bâtiment, sa mise aux normes et son aménagement muséographique.