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mana kikuta 2018 gaillac actu

 

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Du 24 mai au 30 août 2018, place de la Libération & Espace culturel 80 place d'Hautpoul

 

EXPOSITION

Mana Kikuta

Photographies

 

Expo urbaine

La photographe lauréate du concours photo professionnel 2017 présentera son travail sur le thème de l'arbre et de l'ombre.

 

Jeudi 24 mai, 18h30

Vernissage de l'expo place de la Libération puis à l'espace Culture & attractivité (80 place d'Hautpoul)

Lancement de l'appel à candidature pour la création photo 2018-2019.

 

 

Entretien avec Mana Kikuta
« Capturer la mémoire »
Lauréate de la troisième édition du concours photo de la ville de Gaillac, l'artiste japonaise Mana Kikuta prépare dans la résidence d'artistes Antonin Artaud les œuvres qu'elle présentera lors de la prochaine édition de « Mai-jardins » à partir du 24 mai.


D’où vient votre fascination pour la mémoire, thème central de votre œuvre ?
Le fait de naître à Hiroshima, lieu d’histoire et de commémoration, prédispose peut-être à développer une certaine sensibilité mémorielle. Mais l’élément déclencheur a d’abord été une expérience personnelle. Quand j’avais 17 ans, mon grand-père qui se savait atteint d’une maladie incurable m’a demandé de réaliser son portrait pour la traditionnelle cérémonie des morts. C’était une expérience troublante ; elle m’a durablement marquée. La photo qui en a résulté sert toujours à honorer sa mémoire. Accrochée dans le salon de ma famille, elle suscite en moi des émotions intenses qui sont à la base de ma démarche et de mon inspiration artistique.


En quoi ce portrait est-il représentatif de votre approche créatrice ?
Cette photo reste identique, et pourtant je ne la vois jamais de la même manière. Elle provoque en moi des sentiments à chaque fois différents. Elle ne représente donc pas constamment la même chose. Elle change, comme les êtres vivants eux-mêmes, et comme la mémoire, qui entremêle et superpose des impressions qui fluctuent avec le temps. C’est ce rapport à l’impermanence de la mémoire qui anime pour une grande part mon travail. Plus généralement, je m’intéresse à fixer en image ce qui est insaisissable : la mémoire, les odeurs, le vent, l’âme…


Qu’est-ce qui fait de la photographie le médium le plus adapté à cette démarche ?
La photographie offre une grande richesse de possibilités pour matérialiser la fluctuation, évoquer le passage du temps. Je superpose souvent le numérique avec des techniques photographiques anciennes comme le collodion humide ou le cyanotype. Dans mon œuvre intitulée « fleurs », j’utilise la trichromie et le polaroïd afin d'obtenir des images différentes et décalées qui laissent une impression de profondeur temporelle. Le résultat final est comme une capture de la mémoire, qui n'est qu'une succession d'interprétations, comme la vérité d'un événement. Je suis d'ailleurs admirative du travail effectué par l'artiste Tomoko Yoneda. Pour sa dernière exposition à Paris, à la maison de la culture japonaise, elle a voyagé sur les traces d'Albert Camus. En photographiant les endroits où il a vécu, elle est parvenue à mettre en évidence le dialogue que les lieux d'histoire instaurent entre le passé et le présent. C’est une de mes inspiratrices.