Vialar (famille de)

Famille de Gaillac illustrée surtout par Emilie et Augustin, petit enfants, par leur mère, du Baron Portal.

Emilie (Gaillac, 12 sept. 1797 - Marseille, 24 août 1856). Aînée de quatre enfants, elle est envoyée à Paris pour son éducation en 1810, mais rentre en 1812 à Gaillac, où sa mère venait de mourir. Elle participe à la vie mondaine locale et ne fréquente plus les sacrements. Mais une après une mission prêchée à Gaillac en 1816, elle ressent l'appel de la foi et commence à s'occuper des malades et des " gueux ". A partir de 1822, un vicaire de Saint-Pierre, l'abbé Mercié, l'aide à prendre la décision de créer une œuvre charitable, ce à quoi s'oppose son père, qui voudrait la marier. Ce n'est qu'à l'âge de 35 ans, le 25 décembre 1832, qu'elle se résout à quitter le domicile paternel, avec trois de ses amies, pour vivre en communauté et se consacrer à la charité. Sa décision avait été rendue possible grâce à la part d'héritage qu'elle venait de recevoir après le décès du Baron Portal (300 000 F). Mgr. De Gualy appuie son initiative, qui se structure le 9 mars 1834 par la création, les Sœurs de Saint Joseph de l'Apparition. En 1835, les sœurs de Saint Joseph sont appelées en Algérie par Augustin, le frère d'Emilie : elles sont les premières religieuses à arriver en Algérie (3 août 1835). Elles s'y dévouent avec succès, un succès mal vu par Mgr Dupuch, intronisé évêque d'Alger en 1839, qui ne supporte pas que la forte personnalité d'Emilie échappe en partie à son autorité. Emilie cherche alors à implanter sa congrégation dans d'autres pays (à Tunis dès 1840), et doit se résigner à voir les sœurs Saint Joseph quitter complètement l'Algérie en 1842. Ruinée par les manœuvres de Sœur Pauline et de divers hommes d'affaires, Emilie quitte définitivement Gaillac en 1847, s'implantant quelques temps à Toulouse, puis à Marseille (1852) où demeure, depuis lors, la maison-mère de la congrégation. A la mort d'Emilie, le rayonnement des sœurs de Saint Joseph est déjà étonnamment vaste : Angleterre, Italie, Syrie, Palestine, Birmanie. Mais c'est le bassin oriental de la Méditerranée qui est la zone de prédilection de cette congrégation. Missionnaire spécialisée. Emilie de Vialar sera béatifiée le 18 juin 1939 et canonisée le 24 juin 1951.

Augustin (Gaillac, 30 sept. 1799 - Paris, 1868). Procureur du roi à Epinay, à la fin de la Restauration ;, le frère d'Emilie de Vialar démissionne après la révolution de 1830, par fidélité aux bourbons. Venu à Alger en 1830, il y est un des premiers colons très actifs dans le Sahel d'Alger puis dans la mitidja, à Boufarik. Ce noble légitimiste est un de ces colons qu'on appelait " gants jaunes ", comme son ami Max de Tonnac (qui devait épouser en 1842 Louise de Bayne). Il est partisan d'une colonisation libre, sans contrôle étatique étroit. Venu en 1837 à Gaillac (en compagnie d'un " prince arabe ", qui fit sensation) il y recrute quelques jardiniers (dans le quartier de Gaillac où se situe l'actuelle rue d'Alger, ainsi nommée en référence à ce fait). Augustin de Vialar fut adjoint au maire d'Alger en 1848 puis conseiller général d'Alger jusqu'à sa mort.