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"Moine, historien du Languedoc. Au foyer de son père, Jean Géraud de Vaissète et de Marie de Passemar de Bertoule, sa mère, la noblesse de robe s’allie à la noblesse d’épée. Joseph ne retiendra pas la particule. Collégien en sa ville natale, il poursuit à Toulouse sa licence de droit (1709) et prête serment d’avocat. Revenu à Gaillac comme substitut de son père, procureur du roi en la judicature d’Albigeois, il lui succède à son décès (4 avril 1710). Mais dès août il frappe à la porte des bénédictins de la Daurade, à Toulouse – congrégation de Saint-Maur. L’année suivante il prononce ses vœux perpétuels, ayant testé et cédé sa charge à son beau-frère Antoine de Combettes-Caumont.

 

Ses supérieurs l’envoient bientôt (1713) à la maison-mère, l’abbaye de Saint-Germain des Prés, à Paris. Là, comme au monastère de Corbie (1714), il étudie la théologie, non sans avoir sous la main tous les instruments de la science historique de son temps, une grande affaire de la congrégation. C’est alors que dom Devic et dom Vaissète sont appelés (1715) à venir en renfort, en fait se substituer, aux pères Auzières et Marcland, désignés depuis 1708 par le père général pour réaliser l’Histoire du Languedoc que les États de cette province avaient mise en chantier, sur l’invitation de leur président-né, l’archevêque de Narbonne. Auzières et Marcland étaient des compilateurs et l’archevêque, Charles Le Goux de La Berchère, comme les deux nouveaux moines choisis, l’un du diocèse de Lavaur, l’autre de celui d’Albi, que le Goux avait naguère dirigés, entendaient fonder l’entreprise sur l’usage critique des archives, non moins que sur l’obligation d’en fournir les "preuves" avec abondance. Soutenus constamment par Le Goux, puis par son successeur, rendus entièrement libres par les décès successifs d’Auzières (1718) puis Marcland (1727), les auteurs livrent en 1730 le tome 1er de leur Histoire générale de Languedoc ; il est l’œuvre indistincte des deux. Le second (1733) est presque entièrement dû à dom Vaissète. Nous avons vu que Devic mourut en 1734 ; les volumes III, IV et V (le dernier) sortent en 1737, 1742 et 1745, ils ont pour seul auteur le Gaillacois, qui ne se résolut jamais à partager sa tâche. La rigueur de la méthode, la clarté de l’écriture, l’équilibre de la composition, la prudence et l’équité des jugements ont tout de suite assuré le succès de l’entreprise et la notoriété de l'auteur principal. Mais Vaissète était d’une extraordinaire modestie et d’autre part il avait prêté le flanc à l’imputation de jansénisme dès le début de sa vie religieuse et eut bien besoin de l’appui de dom Devic, à l’abri d’un tel soupçon et qui avait de l’autorité dans l’Ordre. Aussi, resta-t-il toute sa vie simple moine. Tout au plus reçut-il en charge en 1738 l’officialité de Saint-Denis, et en 1746, celle de Saint-Germain des Prés. La rédaction avait été volontairement arrêtée à la fin du règne de Louis XIII. Dom Vaissète eut l’intention de rédiger un supplément, mais ne put la réaliser. À la demande de l’imprimeur il écrivit un "Abrégé" publié en 1749 en 6 vol. in 12.

 

Il occupa ses dernières années à composer une Géographie historique, civile et ecclésiastique de la France (4 vol.) due au hasard d’une promesse à un groupe de libraires. L’Histoire de Languedoc a été respectée jusqu’en sa graphie originale mais poussée jusqu’en 1790 par Roschach dans l’édition annotée qu’en a fournie l'éditeur Privat, à Toulouse (16 vol. in 4°, 1872 à 1905), où l’apport considérable des nouveaux auteurs reste bien distinct."

 

 

Maurice Greslé-Bouignol, s. v. "Vaissète (Jean Joseph) (Gaillac 4 mars 1685-Paris 10 avril 1756)", dans Maurice Greslé-Bouignol (dir.), Les Tarnais : dictionnaire biographique, Albi, Fédération des sociétés intellectuelles du Tarn, 1996, p. 337

 

 

 

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Sources

L’édition originale de 1730 de l’Histoire générale du Languedoc, diverses éditions du XIXe siècle ainsi que la réédition du XXe siècle par Privat sont en consultation libre aux Archives municipales de Gaillac.